4 / 5 ( 2 votes ) Si vous voulez construire une allée, une cour, une terrasse ou en vue d’un futur chantier de construction de maison, il y a une étape préalable importante : terrassement. Le sol est ensuite creusé et un certain volume de sol est enlevé. Mais une fois extrait, ce volume augmente. Les spécialistes du terrassement calculent donc ce volume de surface, qui se compose d’un coefficient d’abondante.
Comprendre l’abondance liée au terrassement
Lorsque la terre est remuée à la suite des fouilles, elle gagne en volume : on parle alors d’abondance. Cette expansion dépend du type de sol : un sol sableux se dilate plus qu’un sol argileux, plus dense et moins aéré. Ce phénomène est au cœur du chiffrage des travaux de terrassement, car il détermine le volume à transporter d’un point à un autre. Dans le cas d’un remblai, ce coefficient d’abondance s’avère particulièrement utile pour estimer précisément le volume une fois le sol replacé et tassé sur la parcelle. Calculer ce coefficient, c’est savoir avec exactitude la quantité de terre extraite.
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Par exemple, si vous creusez un trou de 10 m³ dans un sol calcaire, le calcul s’appuie sur un coefficient d’abondance spécifique :
10 x 1,2 (coefficient choisi) = 12 m³.
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Il faudra donc prévoir l’évacuation de 12 m³ de déblais. Ce coefficient est en réalité le rapport entre le volume supplémentaire et le volume extrait, ramené à 100.
Le reste abondant : de quoi s’agit-il ?
Lorsqu’il s’agit de remettre le sol en place, on peut utiliser un rouleau pour le tasser. Cette opération accélère le tassement naturel qui s’opère au fil du temps. Le volume du sol compacté reste inférieur à celui du sol remué, mais il demeure supérieur à celui du sol d’origine. Ce phénomène porte un nom : le reste abondant.
Deux méthodes sont utilisées pour le calculer, selon les besoins :
- Par rapport au volume de terre en place : on parle alors de coefficient résiduel.
- Par rapport au volume abondant : il s’agit du coefficient de compactage.
Réussir le terrassement : points-clés
Le calcul du coefficient d’abondance varie selon la nature du mouvement de sol envisagé. Pour mémoire, le terrassement façonne votre terrain, créant un nouveau relief et préparant le sol pour la suite des travaux.
C’est une étape clé dans la préparation d’un jardin, d’une cour ou d’une allée. Elle influence le rendu final de l’espace. Après la mise en forme, toute modification future exigera des travaux conséquents.
Étude préalable et démarches
Depuis le décret du 15 février 2012, il est obligatoire de déclarer l’emplacement avant d’engager des travaux de terrassement, que vous soyez sur domaine public ou privé, surtout à proximité de réseaux aériens ou souterrains.
Si la quantité de terre déplacée dépasse 100 m³, il est nécessaire de réaliser une étude préalable et d’établir un plan de gestion des mouvements de sol.
Pour des travaux plus modestes, une estimation globale suffit. Il est aussi conseillé de programmer les terrassements hors périodes de gel ou de fortes pluies.
Le coefficient d’abondance joue un rôle central dans le calcul du terrassement : il détermine le nombre de rotations de camions, le volume à évacuer ou à approvisionner, la logistique du chantier. Plus le sol est sableux, plus le coefficient est faible ; plus il est humide ou limoneux, plus il grimpe.
Terrassement : les étapes en amont
Décapage
Le décapage s’impose si vous tenez à préserver la qualité du terrain. Il consiste à retirer sur 30 à 40 cm la couche de terre végétale et à la stocker à part. Cette terre pourra resservir pour remplir une fosse d’arbre, combler un espace derrière un muret ou regarnir une pelouse.
Déblai et remblai
Cette phase consiste à creuser et à évacuer le surplus de terre jusqu’au niveau défini dans le projet, puis à recharger les parties trop basses. L’objectif : équilibrer les volumes pour éviter des allers-retours inutiles vers la décharge ou des apports extérieurs coûteux.
Talon et pente
Créer ou reprendre un talus demande de la précision et comporte des risques. La pente, exprimée en pourcentage, ne doit pas être sous-estimée. Par exemple, une déclivité de 50 % signifie une différence de hauteur de 50 m sur 100 m de longueur. Il faut respecter la pente maximale autorisée, choisir la technique adaptée au type de sol et prévoir sa stabilisation.
Installer des plantations et du paillage permet de maintenir les terres en place autant que possible.
Fosse de plantation
Aménager une fosse revient à ameublir la terre pour planter efficacement. Parfois, il faut retirer la terre de mauvaise qualité pour la remplacer par de la terre végétale. Voici quelques dimensions fréquemment utilisées :
- 1,50 x 1,50 x 1,50 m pour un arbre
- 0,60 m de profondeur pour un arbuste
- 0,60 m x 0,60 m pour une haie
- 0,40 m pour une rose ou des vivaces

Les travaux de terrassement complémentaires
Trois catégories de mouvements de terre s’ajoutent à celles déjà évoquées.
Création d’allées
La profondeur à prévoir dépend du type de circulation : piétons, véhicules légers ou trafic intense. Chaque situation impose ses propres exigences.
Fondations
Murs, escaliers, murets, soutènement… Toutes ces constructions doivent s’ancrer solidement dans le sol. Les dimensions du terrassement dépendent alors du volume de la structure à bâtir.
Tranchées techniques
Ce type de fouille permet d’installer des réseaux enterrés. Voici quelques profondeurs selon les usages :
- Récupération des eaux pluviales : creuser entre 0,90 et 1,20 m
- Collecte des eaux usées : profondeur de 0,90 à 1,20 m
- Canalisations électriques : 0,60 m
- Lignes téléphoniques : 0,30 à 0,50 m
- Eau potable : entre 0,90 et 1,20 m
- Réseau gaz : 0,30 à 0,50 m
- Arrosage automatique de jardin : 0,30 à 0,50 m
Les coefficients d’abondance selon les matériaux
Le coefficient d’abondance varie selon la nature du sol ou du matériau à déplacer, ainsi que l’objectif du chantier.
Le tableau ci-dessous donne un aperçu des valeurs les plus courantes :
| Matériaux | Coefficient d’abondance |
| Terre végétale | 1,42 |
| Pierre concassée | 1,67 |
| Ciment | 3 |
| Argile, sable argileux | 1,25 |
| Gravier | 1,12 |
| Tourbe | 1,18 |
| Sable | 1,12 |
| Terre sèche | 1,25 |
| Granulats fragmentés | 1,64 |
| Matériau revêtu | 1,09 |
Il faut savoir que ces coefficients peuvent varier si le matériau est plus ou moins humide.
Pour calculer précisément le volume en état abondant, la formule suivante s’applique :
Vf = Vp x Cf
Vf : Volume après expansion
Vp : Volume initial, compact
Cf : Coefficient d’abondance
Un exemple concret : pour déplacer 5 m³ de pierre concassée, le volume à prévoir est :
5 x 1,67 = 8,35 m³
Il faudra alors prévoir un camion d’au moins 8,35 m³ pour le transport.
En définitive, le calcul de l’abondance des matériaux conditionne la réussite de tout chantier. Négliger cette étape, c’est risquer des retards, des frais supplémentaires ou des choix inadaptés sur le terrain. Chaque mètre cube compte, et bien anticiper, c’est déjà bâtir solide.

